» Des fois, bien trop souvent, j’m’dis qu’ça s’ra bien fait pour lui, qu’il aura eu que s’qu’il mérite et qu’il l’aura bien cherché, et putain qu’est-c’qu’il l’aura cherché. Et des fois ça m’arrive aussi d’vouloir lui prendre les mains et d’lui dire de ne jamais, ne jamais fermer les yeux, d’lui dire de regarder les étoiles et d’lui montrer à quel point elles sont belles ces étoiles. Elles sont belles ces étoiles. D’lui montrer qu’ce n’est pas que des lueurs, c’est ce vers quoi l’on doit tendre, ce magnifique inatteignable, ce magnifique qui crie l’esprit à la terre.

P’t’être que si on prenait tous le temps d’les regarder ces étoiles, à la place de s’regarder not’e putain d’nombril, alors sans doute que les choses iraient mieux, alors sans  doute que les choses seraient meilleures, alors sans doute que les choses seraient plus belles. Mais bon nous, nous on est fascinés par le trou qu’on a dans l’bide, c’est triste mais c’est comme ça, c’est comme ça. Et puis regarder et s’attarder sur les étoiles, pourquoi faire ? Y’a bien mieux à la téloche, y’a bien mieux sur internet, y’a bien mieux sur nos putains d’téléphone à la con.

Tu l’as déjà regardé en prenant l’temps d’l’admirer cette voûte étoilée ? Moi j’leur parle aux étoiles, je parle aux étoiles. J’leur dis mes peines, j’leur dis mes joies, j’leur dis mes sourires et mes larmes. J’leur raconte mes pauvres petits problèmes de merde, j’leur bavarde mes pensées, j’leur étale mes maux et mes mots, j’leur débite mon existence à la con, j’leur clame mes soupirs, et j’leur crie ma rage. J’leur profère les malheurs de la terre, j’leur chuchote ma honte d’être humaine, j’leur vocifère à propos du vide qui règne ici-bas, j’leur balbutie au sujet de mes amours déchus, j’leur bafouille mes rêves et j’leur baragouine mes espoirs. J’leur murmure mes secrets et j’leur chante les gens que j’aime. J’leur confie ma mélancolie, j’leur partage mon bonheur d’aimer dans mon malheur de vivre.

J’leur dis qu’il faut pas qu’elles s’inquiètent, que même lorsqu’on les voit plus, même lorsqu’il fait jour, bah c’est pas pour autant que j’les oublie, qu’je sais qu’elles sont toujours là et que j’pense à elles.

J’les envie tellement ces étoiles, parc’qu’elles, elles savent être ensemble. Elles savent s’aimer. Et parc’qu’elles sont loin, loin, très loin d’ici, loin de tout c’merdier, loin d’la vanité et d’la cupidité des hommes.

Alors j’leur dis, j’leur dis qu’elles ont d’la chance et qu’j’aimerais bien être avec elles, mais surtout j’leur dis qu’elles sont belles, et j’leur dis de n’jamais oublier ça. « 

 

Margot elle est beaucoup trop belle,
Margot a l’goût de l’éternel.

 

Margot se livrera bientôt.