Sans Te Dire
Si de l’autre côté au vent de l’hémisphère,
Tu souris de ne pas regarder en arrière,
Dans la fougue et l’ardeur d’une vie insulaire,
Pour courir après cette envie aventurière.
À partir s’échouer vers l’horizon solaire,
Pour y faire grandir et vibrer l’âme entière,
Combattre cette vie par la force guerrière,
Aller chercher le sens dans les rayons sincères.
Puisque tu es partie, toi l’âme libertaire,
Sans un message des réseaux satellitaires,
Pour aller explorer l’écume d’autres mers,
Et sans même donner suite à l’épistolaire.
À faire l’inconnu des choses familières,
Au-delà du lien et de l’extraordinaire,
Les tremblements qui font les âmes étrangères,
Puisqu’il faut devenir des lueurs passagères.
Jusqu’à faire de nous une histoire éphémère,
C’est fini de jouer aux temps des romancières,
Du lien si beau, si fort, qu’on doit laisser derrière,
Pour devenir le flot des amours ordinaires.
Et moi je suis là, mon espoir qui désespère,
À maudire lourdeur du poids de la matière,
Du superficiel, ces choses qui m’indiffèrent,
Alors que de toi, oui mon cœur est tributaire.
Qui veut aller avec toi toucher les éthers,
Et de tes rires en être dépositaire,
Les battements du cœur d’un révolutionnaire,
Pour que soit notre amour sourire humanitaire.
De mes yeux qui taisent le feu d’un cri amer,
De cette histoire à deux qui devient solitaire,
Qu’importe le combat de mon cœur va-t-en-guerre,
S’il faut toujours je crois, aller braver l’enfer.
Pour ne pas être ainsi voué à la poussière,
Destiné au passé, les larmes mortifères,
Ne pas être noyé aux bras d’une chimère,
Condamné aux soupirs d’un éternel hiver.
Sans te dire qu’avec toi c’est de la lumière,
Celle qui fait l’humain, la beauté de la terre,
Sans te dire désir de ces imaginaires,
Des rêves qui mènent au fond de tes paupières,
Sans te dire l’envie qui brille dans l’éclair,
Voulant faire de toi l’unique sanctuaire,
Sans te dire l’espoir des passions téméraires,
De celles qui vont bien au-delà de la chair.
Et si tu es loin de moi dans cet Univers,
Plus rien alors ne porte à mes yeux de mystère,
Que retrouver enfin de tes bras salutaires,
La fin des pleurs de ces murmures funéraires.
Qu’importe la grandeur, la force des prières,
Qu’importe le cœur qui frappe et qui vocifère,
Des coups de tonnerre à penser toujours hier,
À vouloir entre nous abattre la frontière.
Et tout au fond de mes espoirs crépusculaires,
Dans la lueur de ton souvenir sédentaire,
Je garderai de toi la force séculaire,
Qui brille dans ce lien d’une beauté stellaire.