Alexandra
Sur les traces du temps dénué de passion,
Errant de temps en temps avec l’âme méfiante,
Se trouve parfois la sobre délectation
D’une rencontre avec une fleur vivifiante.
Par des journées et par des nuits qui sont fécondes,
Ressentant comme quand se lève un doux secret,
Partageant façons de boire les eaux du monde,
Le lien par ses yeux d’ange doucement se crée.
Ces moments, ces jeux sont légers comme un mirage,
Planant sur tous nos écrits un vent d’insouciance,
La caresse de ce château dans les nuages
Secoue les brins d’herbe de nos insignifiances.
Nos esprits sur l’édifice présent lézardent,
Dans l’instant d’une pure brillance apaisée,
Veillant sur la profondeur de nos nuits de garde,
Vient se poser un simple et doux premier baiser.
Lumière dont l’éclat estompe le passé,
Berçant de rire la somnolente amertume,
Qui scintille dans nos fleurs du mal partagées,
Jusqu’à ce que l’étincelle échouée s’allume.
D’un fervent sable effaçant les meurtrières,
Devant l’astre affranchi tout mon être mendie.
Fastueux ruisselant dans l’offrande des pierres,
Distille l’emprunte assignée en Normandie.
La voûte céleste fredonnant nous entoure.
Nos poussières d’étoiles en oscillation
Nous entraînent dans la plus belle nuit d’amour,
Pour l’absolu créant notre constellation.
La quiétude agitée libère des couleurs,
Donnant à l’être dans la fougue des instants,
Dans l’infini la teinte d’une profondeur
Qui brille la clarté simple des sentiments.
Cloison rédhibitoire des vies qui se lève,
Scinder en deux le cordon d’étain salutaire.
La pure blancheur voulant attraper les rêves
Restitue la pesanteur de vivre sur terre.
Soupir silencieux d’une danse jamais eue,
Vaporisant le désir d’un temps arrêté,
Plane l’aura de l’ombre amnistiée et perdue,
De ce bracelet qui n’a jamais existé.
Libertaire qui a le charme inatteignable,
Qui ne suit toujours que la raison de l’envie,
Âme qui est tendre caresse l’imprenable,
Et dont la beauté a le parfum d’une vie.