Vas-y

À vrai dire, allez, vas-y, viens, viens puisqu’on est bien tous les deux, autant qu’on fasse le futur de jours heureux. Vas-y, prends-moi les mains, fais-moi voir un autre lendemain. Vas-y, viens, on va s’offrir la nuit, pour que du temps l’âme s’enfuit. Vas-y, plonge-moi dans le fond de tes yeux, montre-moi ce qu’on appelle Dieu. Vas-y, esprit contre esprit et corps contre corps, fais disparaître d’une autre le décor. Vas-y, donne de l’eau à ce cœur desséché, ouvre-moi les portes d’un avenir où l’on aime s’aimer. Vas-y, retiens-moi et ne me lâche pas, fais-moi voir qu’il y a autre chose ici-bas. Vas-y, dans la pénombre de la vie, deviens le soleil et réveille mon âme qui depuis bien trop longtemps sommeille. Vas-y, fais de nous deux quelque chose qui ressemble à un tout, et que le lien entre nous devienne un lien de lumière qui se noue.

Allez, vas-y qu’on se fasse vibrer, qu’on se fasse exister, au regard de ce que vaut l’éternité, allez, vas-y, dis-moi encore que tu m’aimes, enivre mon existence de poème. Allez, vas-y fais disparaître l’atrocité du monde, sur tes lèvres que nos âmes soient vagabondes. Vas-y qu’on étreigne ce qui nous rassemble jusqu’à ce qu’on devienne un ensemble, allez, vas-y que la réalité soit nos imaginaires, faire de la simplicité l’extraordinaire. Allez, vas-y et dans la flamme du temps, qu’on brûle ardemment, vas-y, vas-y qu’on illumine l’horizon, qu’on se partage de la pureté le frisson. Allez, vas-y mon amour, allez vas-y encore, allez vas-y, viens, on va faire briller l’aurore, vas-y viens, qu’on fasse des rires enchanteurs qui seront des enlacements rédempteurs. Vas-y, emporte-moi dans des danses infinies, qu’on se fasse ressentir un peu c’est quoi la vie, vas-y qu’on se donne la liberté d’y croire, comme si sans fin était notre histoire ! Vas-y, vas-y dans le chant de nos âmes qu’on se fasse voir l’astral, qu’on fasse disparaître nos douleurs spectrales ! Allez vas-y, qu’on crie notre amour et nos espérances, par nos mains liées à en faire éclater l’existence ! Vas-y, qu’on court à travers ce qui nous lie, donner un peu de sens à ce qu’est l’esprit ! Vas-y qu’on se donne à outrance, qu’on rende à l’amour sa prépondérance ! Vas-y qu’on se perde dans l’infini de nous-même, et que ce qu’il y a entre nous soit suprême !

Allez vas-y, puisque ce qu’il y a entre nous ne te suffit plus, puisque tu trouves que la magie s’est perdue ! Vas-y, allez, puisque tu ne sembles vouloir que partir, puisque de toute évidence on ne sait plus s’accrocher à nos sourires ! Allez, allez, vas-y pour me dire que c’est fini, allez, vas-y pour me dire tant pis ! Allez vas-y oublie-moi, oublie-moi comme la neige qui fond ! Oublie-moi puisqu’apparemment c’est comme ça lorsque l’on ne veut plus prononcer un prénom ! Vas-y, efface la valeur du vécu, allez, vas-y fais monter au ciel notre amour déchu ! Vas-y, efface-moi de ta mémoire et emprisonne-moi dans la nuit noire ! Allez vas-y ! Vas-y fais de moi une ombre puisqu’après la lumière vient le sombre ! Allez vas-y pour me donner la complainte d’exister face à ce triste monde et sa violente vérité ! Allez, vas-y tu sais bien que j’ai déjà rempli la moitié des océans de larmes, alors vas-y, t’inquiètes pas va, tu peux faire perdre à la vie son charme, t’en fais pas les meurtrières je connais, il faut croire que sur terre rien ne dure jamais ! Vas-y, vas-y ! laisse-moi l’âme en peine, fais couler l’amertume et le dégoût dans mes veines ! Allez vas-y, vas explorer d’autres horizons et laisse mon cœur gémir contre le béton ! Allez vas-y, frappe fort puisqu’il faut dire adieu au encore ! Allez vas-y, fous le feu à ce qu’on a été puisque c’est par là qu’il faut en passer ! Vas-y, mets la lame bien profond dans l’âme, puisqu’ici-bas lorsqu’on cesse de s’aimer on ne sait que se déchirer ! Et s’il faut bien mourir un jour, autant que je meurs d’amour, histoire de me dire que j’aurais un peu existé puisqu’un jour j’ai su t’aimer ! Vas-y, allez fais de nous deux un cimetière, allez vas-y quoi, tu crois peut-être que t’es la première ?! Mais vas-y, vas-y qu’est-ce que t’attends ?! C’est fini le moment où l’on aimait prolonger le temps ! Vas-y ! Vas-y puisque c’est l’heure de se quitter, puisqu’ici-bas on ne sait que s’abandonner ! Allez vas-y toi mon amour, vas-y marque au fer rouge l’âme pour toujours ! Allez ! Vas-y, vas-y pars ! Pars ! Casse-toi de là puisque toi, t’as encore le cœur qui bat, puisque c’est fini et puisque jamais plus on ne s’appartiendra. Allez, vas-y puisqu’il doit en être ainsi, allez vas-y, vas-y !

Allez vas-y viens, viens puisqu’on est bien tous les deux…